Le marché de l’emploi français connaît une transformation profonde en 2025. 2,43 millions de postes sont à pourvoir sur l’ensemble du territoire, malgré une baisse de 12,5 % des intentions d’embauche par rapport à 2024. Entre vieillissement de la population, transition écologique et révolution numérique, les opportunités professionnelles se dessinent autour de nouveaux enjeux. Cet article vous propose un état des lieux complet pour identifier les secteurs porteurs et les métiers d’avenir.
État du marché de l’emploi en 2025
Seulement 24,1 % des établissements prévoient d’embaucher en 2025, contre 28,2 % l’année précédente. La construction subit le plus fort ralentissement avec une diminution de 22 % des projets de recrutement.
Pourtant, un projet d’embauche sur deux est jugé difficile à pourvoir. La santé, les services aux particuliers, le numérique et l’hôtellerie-restauration continuent d’afficher des besoins structurels importants.
Bonne nouvelle : la part des CDI dans les projets de recrutement atteint 43,8 % en 2025, soit une hausse de 5,5 points.
Top 20 des métiers les plus recherchés par les employeurs
L’enquête BMO 2025 révèle une hiérarchie claire des professions les plus demandées :
- Serveurs de café et restaurant : 107 810 projets
- Aides de cuisine et employés polyvalents : 103 390 intentions
- Agriculteurs et ouvriers agricoles : 71 990 projets, largement saisonniers
- Professionnels de l’animation socioculturelle : 63 830 projets
- Aides-soignants : 61 140 intentions, confrontés à une pénurie structurelle
- Aides à domicile et auxiliaires de vie : 61 330 postes
- Agents d’entretien de locaux : 56 750 postes
- Infirmiers et sages-femmes : 35 840 projets
- Viticulteurs et arboriculteurs : 35 410 intentions
Les métiers de la santé et du social
Le secteur sanitaire et médico-social constitue un véritable réservoir d’emplois face au vieillissement de la population et aux départs massifs à la retraite.
Les aides-soignants représentent plus de 60 000 projets de recrutement. La formation dure environ un an pour obtenir le Diplôme d’État d’Aide-Soignant (DEAS). Une réforme récente facilite la reconversion des aides-soignants expérimentés vers le métier d’infirmier en seulement deux ans au lieu de trois.
Les infirmiers affichent près de 36 000 intentions d’embauche avec des responsabilités croissantes dans la coordination des soins.
Les auxiliaires de vie sociale ne requièrent aucun diplôme obligatoire pour débuter, pourtant 80 % des employeurs anticipent des difficultés de recrutement. Les projections à l’horizon 2030 estiment que près de 290 000 postes d’aides-soignants seront à pourvoir.
Hôtellerie-restauration : des opportunités durables
Le secteur maintient une dynamique impressionnante avec plus de 211 000 projets d’embauche cumulés. Le métier de serveur domine largement les intentions de recrutement. Les aides de cuisine et employés polyvalents constituent la deuxième plus grosse demande.

La saisonnalité caractérise fortement ce secteur : stations balnéaires l’été, stations de ski l’hiver, régions viticoles lors des vendanges. Toutefois, de nombreux établissements recherchent également des contrats à l’année.
Industrie : besoins en maintenance et production
Plus de 153 000 recrutements sont prévus dans les entreprises industrielles. Les techniciens de maintenance figurent parmi les profils les plus recherchés avec des salaires entre 2 000 et 3 000 euros bruts mensuels pour un débutant.
Les responsables de production coordonnent les équipes et optimisent les flux de production. L’industrie 4.0 et l’intelligence artificielle exigent une formation continue.
Quels sont les métiers en Q ? La liste complète des professions
Les secteurs qui recrutent le plus : agroalimentaire, automobile, aéronautique et métallurgie. Des entreprises comme la SNCF (21 000 recrutements), LVMH (16 000 postes), Bouygues (10 000 embauches) portent la dynamique du secteur.
Numérique et informatique : des profils toujours prisés
Le secteur affiche environ 77 800 projets de recrutement, avec 85 % de ces postes jugés difficiles à pourvoir en raison d’une pénurie persistante de compétences.
Les développeurs informatiques restent les profils les plus recherchés, accessibles via formations courtes type bootcamps. Les experts en cybersécurité connaissent une demande explosive face à une pénurie de 15 000 professionnels, avec des salaires débutant autour de 40 000 à 45 000 euros bruts annuels.
Les métiers de la data explosent : data analysts, data scientists, experts en intelligence artificielle. L’IA générative crée de nouveaux métiers : prompt engineer, IA UX designer, responsable en IA éthique.
BTP et rénovation énergétique
La construction neuve subit un ralentissement de 22 %, mais la rénovation énergétique tire le marché vers le haut. On estime à 150 000 le nombre d’emplois nécessaires dans ce seul secteur pour atteindre plus d’un million de logements rénovés par an d’ici 2033.
Les maçons totalisent près de 17 000 projets de recrutement. Les façadiers et ouvriers en isolation connaissent un boom particulier. Les couvreurs peuvent également poser des équipements photovoltaïques.
Les professions qui recrutent massivement :
- Électriciens du bâtiment : 14 110 projets
- Menuisiers : 17 590 projets
- Plombiers-chauffagistes
- Peintres en bâtiment
La certification RGE (Reconnu Garant de l’Environnement) devient incontournable pour intervenir sur des chantiers bénéficiant d’aides publiques.
Commerce et vente : du technico-commercial au magasin
Le secteur représente 11,6 % des projets d’embauche avec plus de 318 000 annonces d’emploi. Les vendeurs en magasin et employés de libre-service constituent le socle du commerce de détail, accessibles sans diplôme.
Les technico-commerciaux affichent des salaires attractifs : entre 35 000 et 50 000 euros bruts annuels en région parisienne pour un débutant. La part variable représente 20 à 30 % de la rémunération globale.
Les Key Account Managers peuvent atteindre 60 000 à 80 000 euros bruts annuels pour les profils confirmés.
L’e-commerce crée des besoins en responsables e-commerce, traffic managers, CRM managers et community managers.
Services aux entreprises et fonctions supports
Les services aux entreprises concentrent 23,2 % des projets de recrutement en 2025. Les assistants administratifs, gestionnaires de paie (salaire moyen de 25 000 euros bruts annuels en début de carrière), et assistants ressources humaines restent recherchés.
Les fonctions comptables maintiennent des besoins constants : comptables, contrôleurs de gestion, directeurs administratifs et financiers, auditeurs externes.
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Agriculture et emplois saisonniers
Près de 72 000 projets de recrutement pour les agriculteurs et ouvriers agricoles. Les viticulteurs et arboriculteurs représentent 35 410 intentions de recrutement. Les maraîchers et jardiniers totalisent environ 24 000 projets.

La mécanisation et la digitalisation transforment le secteur : drones, capteurs connectés, outils d’aide à la décision basés sur l’IA créent des besoins en profils techniques.
Métiers accessibles sans diplôme ou avec formation courte
Le secteur des services à la personne ouvre largement ses portes avec plus de 61 000 postes : auxiliaires de vie, aides à domicile, gardes d’enfants.
L’hôtellerie-restauration recrute serveurs, aides de cuisine, plongeurs, réceptionnistes sans exiger de diplôme.
La logistique recrute massivement : préparateurs de commandes, magasiniers, agents de quai, caristes (CACES obtenu en quelques jours).
Le transport routier recherche des chauffeurs routiers avec permis poids lourd et FIMO obtenues en quelques semaines.
Le numérique propose des bootcamps de 3 à 6 mois pour devenir développeur web.
Perspectives de recrutement par région
Cinq régions concentrent l’essentiel des projets d’embauche :
| Région | Caractéristiques du marché de l’emploi |
|---|---|
| Île-de-France | Leadership grâce à la concentration d’entreprises, forte dynamique du numérique et des services aux entreprises |
| Auvergne-Rhône-Alpes | Tissu économique diversifié mêlant industrie de pointe, tourisme et services, forte attractivité de Lyon |
| Nouvelle-Aquitaine | Attractivité croissante, pôles économiques dynamiques (Bordeaux), cadre de vie prisé |
| Occitanie | Forte croissance démographique, métropoles attractives (Toulouse, Montpellier), secteur aéronautique |
| Provence-Alpes-Côte d’Azur | Climat attractif, secteur touristique développé, économie tertiaire dominante |
Ces régions font face à un défi : le nombre de jeunes débutants ne compense pas totalement les créations d’emplois, créant des déséquilibres estimés entre 6 et 9 % des postes à pourvoir.
Réussir sa reconversion professionnelle
La reconversion nécessite d’identifier vos compétences transférables. Un bilan de compétences aide à clarifier vos atouts.
Le Compte Personnel de Formation (CPF) permet de financer les formations certifiantes. Les formations courtes de quelques semaines à quelques mois accélèrent les délais de reconversion.
Les passerelles entre métiers se développent : aides-soignants vers infirmiers en deux ans, professionnels du BTP vers la rénovation énergétique, commerciaux vers fonctions technico-commerciales.
Testez le métier visé via des immersions professionnelles avant de vous engager dans une formation.
Tendances d’emploi à l’horizon 2030
D’ici 2030, 800 000 postes seront à pourvoir chaque année, avec 90 % liés aux départs en retraite.
Les métiers de la santé connaîtront l’expansion la plus forte : infirmiers et sages-femmes +18 % (113 000 professionnels supplémentaires), aides-soignants +15 % (110 000 nouveaux postes), aides à domicile 305 000 emplois à pourvoir.
Les ingénieurs informatiques afficheront 115 000 postes supplémentaires d’ici 2030, soit une hausse de 26 %.
La transition écologique structurera les évolutions : rénovation énergétique (620 000 emplois d’ici 2050), énergies renouvelables (80 000 emplois d’ici 2030).





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